LES TRANSCRIPTIONS D’HILDEGARDE VON BIGEN PAR OLIVIER FOURÉS

Création Hildegarde von Bingen-Olivier Fourés à la basilique de Luxeuil
Entre Hildegarde von Bingen et Marianne Piketty, il y a comme un fil d’Ariane qui se tisse au fil des saisons de Musique aux 4 horizons.Une sorte de repère vital, un ancrage sur cette colline de Ronchamp habitée par les clarisses.
Hildegarde von Bingen est  une des femmes les plus remarquables du Moyen-Âge. Naturopathe, peintre, compositrice, fondatrice de monastères et visionnaire. Marianne Piketty aime dire d’elle qu’elle soigne aussi bien l’âme que le corps.
L’an dernier, la directrice artistique et l’association L4H avait demandé à Benoit Menut d’écrire une pièce inspirée par l’oeuvre de Hildegarde von Bingen. Le compositeur s’était alors inspiré du poème  « O Puissance de l’éternité » mis également en musique par l’artiste du Moyen-Âge.
Pour cette 6e édition, c’est au tour du compositeur Olivier Fourés d’imaginer une partition à partir de celle de Hildegarde von Bingen. Il s’agit plus exactement de transcriptions de deux chants de la poète médiévale : « De Innoncentibus. Rex noter promptus est » et « O Magne Pater ».

Une « transcription » musicale, précise Olivier Fourés, consiste à porter une oeuvre dans un autre contexte sonore. Toute la difficulté réside dans la tentative de ne pas dénaturer l’esprit de l’oeuvre tout en sachant tirer parti des nouvelles couleurs »

Ces « transcriptions » projettent l’univers de la monodie dans celui, habituellement polyphonique, de l’orchestre à cordes. Un travail de funambule extrêmement novateur.

Dès la première écoute de cette transcription, musiciens et public ont plébiscité cette transcription. « On croirait entendre des voix » confie l’un des auditeurs à Marianne Piketty.
Ces deux transcriptions devraient continuer d’être interprétées par Marianne Piketty. La violoniste a fondé le Concert Idéal. Cette formation prépare l’enregistrement d’un CD pour  2020 qui mettra en miroir la musique « céleste » d’Hildegarde von Bingen, le «concerto funèbre » pour violon de Karl Amadeus Hartmann composé en 1939 et une commande au compositeur contemporain Philippe Hersant.
BIOGRAPHIE D’OLIVIER FOURÉS 

Olivier Fourés est danseur, musicologue et violoniste. Après des études au CNSM de Paris en danse classique avec Attilio Labis, il devient soliste de différentes compagnies européennes comme « Les Ballets de Marseille » avec Roland Petit, le « Leipziger Staatsoper » avec Uwe Scholz, le « Wiener Staatsoper » et « La Compañia Nacional de Danza » à Madrid avec Nacho Duato, tout en travaillant invité par de nombreux chorégraphes, théâtres et festivals internationaux.

Olivier étudie parallèlement la musique et commence à être régulièrement actif comme musicologue à partir du moment où il découvre un manuscrit inconnu d’une cantate de Vivaldi dans des archives viennoises. Docteur en musicologie, il est collaborateur de l’institut Vivaldi à Venise, et est considéré aujourd’hui comme l’un des plus éminents spécialistes du musicien vénitien.

Il a consacré sa thèse à son oeuvre pour violon et dirige actuellement l’édition omnia de son oeuvre instrumentale chez Ars Antiqva à Madrid.

Olivier travaille comme conseiller, auteur et arrangeur pour plusieurs maisons de disques, festivals, orchestres et interprètes (Deutsch Grammophon, Harmonia Mundi, Naïve, Salzburger Festspiel, Giuliano Carmignola, Amandine Beyer, Daniel Hope, Marianne Piketty, etc.) et est pédagogue et conférencier dans plusieurs universités, fondations et conservatoires (conservatoires supérieurs de Madrid, Lyon et Paris, Fondation Royaumont, Fondazione Cini, Université Showa de Tokyo, Autónoma de Madrid, SLUB de Dresde, Studio Architanz Tokyo, etc.).

Ses principaux sujets d’études correspondent au phénomène de l’interprétation et de la pédagogie artistique en général ainsi qu’à la relation mouvement/son/théâtre, ce qui l’amène à se produire comme interprète ou créateur au travers de diverses formes de spectacle.