été 2021

Musique aux 4 Horizons se tiendra au mois d’août 2021.
Il y aura deux créations commandées par l’association « Les 4Horizons » auprès des compositrices Florentine Mulsant et Camille Pépin.
Elles seront toutes les deux sur le site de la colline de Ronchamp pour nous présenter leurs oeuvres.
Alex Nante prépare deux retranscriptions de Lili Boulanger pour ensemble de cordes.

Prochainement, le programme complet de cette 10ème édition.

MUSIQUE AUX 4 HORIZONS SAUTE UNE ANNÉE POUR MIEUX REBONDIR !

Comme de nombreux autres événements culturels, Musique aux 4 horizons n’aura pas lieu cet été 2020. Trop d’incertitudes planent encore pour être sûr de pouvoir vous proposer de venir écouter sereinement nos concerts et conférences.
Nous avons décidé de reporter notre programmation d’un an pour vous proposer une édition 2021 exceptionnelle ! Avec Marianne Piketty et toute l’équipe de bénévoles, nous fêterons un anniversaire : les dix ans de présence des clarisses sur la colline de Ronchamp dans le monastère et l’oratoire signés par l’architecte Renzo Piano. 
Cette prochaine édition aura lieu du vendredi 30 juillet au samedi 7 août 2021.
Au programme , deux créations : Suite pour orchestre à cordes n°2 Op.92 de Florentine Mulsant, prix Sacem 2019, et une oeuvre encore en écriture de Camille Pépin, compositeur 2020 des Victoires de la Musique. Autre découverte très attendu, les transcriptions du compositeur Alex Nante de deux oeuvres de Lili Boulanger, D’un matin de printemps et D’un soir triste. 

Alex Nante, sa création : « Bajo La Estrella»

L’ancienne chapelle de Ronchamp est ressortie meurtrie par la seconde guerre mondiale. Pour la reconstruire, les propriétaires de la colline ont choisi de faire appel à l’avant-garde de l’architecture de l’époque : Le Corbusier. Plus de soixante ans plus tard, l’association Les 4 horizons poursuit cet objectif précurseur en commandant chaque année une création à un compositeur. 

Pour 2019, Marianne Piketty, directrice artistique de Musique aux 4 horizons, s’est adressée au compositeur argentin Alex Nante. Une complicité est née de leur précédente collaboration pour Le Concert idéal, la formation créée par la violoniste. 
Le jeune homme, compositeur mais aussi chef d’orchestre et enseignant, a écrit un concerto pour violon. Liberté totale pour la composition ! La seule indication était de partir du mot-clé de l’édition 2019, « résilience », et d’écrire pour un ensemble à cordes. 
Evoquer la résilience pour Alex Nante, c’est partir de l’ombre pour tenter d’atteindre la lumière. Un cheminement exprimé par le titre de l’oeuvre : « Bajo La Estrella». Ces mots sont extraits d’une phrase d’un poème de Jacobo Fijman « Antiguas pueras se han abierto. Yo entre banjo la estrella » ce qui peut se traduire par « Des portes anciennes se sont ouvertes. Je rentre sous l’étoile ».
La pièce est écrite en quatre mouvements. Une promenade nocturne, une lutte passionnelle, une tranquillité expressive puis l’émergence d’une lumière qui tentera, en vain, de s’imposer complètement aux ténèbres. Cette structure limpide traduit la grande intériorité du compositeur. Une incarnation spirituelle de la création musicale. Lors des clés d’écoute proposées juste avant l’interprétation, Alex Nante a donné quelques pistes pour encore plus apprécier sa création. « Il s’agit d’une musique évocatrice. L’histoire de cette pièce est la traversée d’une nuit obscure. C’est tout simplement l’idée d’une quête de sens dans l’obscurité. Dans ma pièce, il y a une tentative de résilience mais on ne parvient pas vraiment à la plénitude. L’évocation de la lumière donne juste un espoir ». 
Les spectateurs les plus assidus de Musique aux 4 horizons ont eu la curiosité de venir assister aux répétitions de cette création en présence du compositeur. Des moments rares où une partition prend petit à petit vie. Cette création, particulièrement appréciée par les musiciens, a la puissance de la simplicité. Apparemment facile, elle révèle, au fur et à mesure de sa découverte, une complexité qui en fait toute sa beauté. 
Avec :
Marianne PIKETTY, violon
Lilya CHIFMAN, violon
Elsa KLOCKENBRING, violon
Saskia NIEHL, violon
Valentin SEIGNEZ-BACQUET, violon
Johannes Moehrle, alto
Nina Tonji, alto
Michael SCHMITZ, violoncelle
Romane BESTAUTTE, violoncelle
Hans GREVE, contrebasse
Une réalisation de Sarah Fromentarius et Corentin Praud. 

Alex Nante, sa création : « Bajo La Estrella»

L’ancienne chapelle de Ronchamp est ressortie meurtrie par la seconde guerre mondiale. Pour la reconstruire, les propriétaires de la colline ont choisi de faire appel à l’avant-garde de l’architecture de l’époque : Le Corbusier. Plus de soixante ans plus tard, l’association Les 4 horizons poursuit cet objectif précurseur en commandant chaque année une création à un compositeur. 

Pour 2019, Marianne Piketty, directrice artistique de Musique aux 4 horizons, s’est adressée au compositeur argentin Alex Nante. Une complicité est née de leur précédente collaboration pour Le Concert idéal, la formation créée par la violoniste. 
Le jeune homme, compositeur mais aussi chef d’orchestre et enseignant, a écrit un concerto pour violon. Liberté totale pour la composition ! La seule indication était de partir du mot-clé de l’édition 2019, « résilience », et d’écrire pour un ensemble à cordes. 
Evoquer la résilience pour Alex Nante, c’est partir de l’ombre pour tenter d’atteindre la lumière. Un cheminement exprimé par le titre de l’oeuvre : « Bajo La Estrella». Ces mots sont extraits d’une phrase d’un poème de Jacobo Fijman « Antiguas pueras se han abierto. Yo entre banjo la estrella » ce qui peut se traduire par « Des portes anciennes se sont ouvertes. Je rentre sous l’étoile ».
La pièce est écrite en quatre mouvements. Une promenade nocturne, une lutte passionnelle, une tranquillité expressive puis l’émergence d’une lumière qui tentera, en vain, de s’imposer complètement aux ténèbres. Cette structure limpide traduit la grande intériorité du compositeur. Une incarnation spirituelle de la création musicale. Lors des clés d’écoute proposées juste avant l’interprétation, Alex Nante a donné quelques pistes pour encore plus apprécier sa création. « Il s’agit d’une musique évocatrice. L’histoire de cette pièce est la traversée d’une nuit obscure. C’est tout simplement l’idée d’une quête de sens dans l’obscurité. Dans ma pièce, il y a une tentative de résilience mais on ne parvient pas vraiment à la plénitude. L’évocation de la lumière donne juste un espoir ». 
Les spectateurs les plus assidus de Musique aux 4 horizons ont eu la curiosité de venir assister aux répétitions de cette création en présence du compositeur. Des moments rares où une partition prend petit à petit vie. Cette création, particulièrement appréciée par les musiciens, a la puissance de la simplicité. Apparemment facile, elle révèle, au fur et à mesure de sa découverte, une complexité qui en fait toute sa beauté. 
Voici des extraits de cette création 
Une réalisation de Sarah Froment et Corentin Praud. 

La résilience, source de dépassement

C’est un des moments que nous affectionnons le plus. Au creux de l’hiver, nous nous retrouvons sur la colline de Ronchamp parfois enneigée. Réunis autour d’une table au monastère des clarisses, nous lançons nos idées pour la prochaine édition. Une moisson toujours fructueuse !  Choisir un mot-clé pour chaque édition n’a rien d’anodin. En trois, quatre syllabes nous fixons notre ligne directrice pour cette semaine musicale. « Equilibre », « Le chemin du détour », « Ombre et lumière »… Et pour 2019 : « Résilience ». 
Choisir un mot impose de la cohérence. De cette contrainte née la créativité.
Les architectes Jean-Jacques Virot et Bruno Tonfoni, Soeur Brigitte s’appuient sur ce thème pour construire leur réflexion livrée au cours de deux conférences. Marianne Piketty s’en inspire pour élaborer le programme des concerts. 

Pourquoi la résilience ? L’air du temps nous a sans doute soufflé l’idée. Ce mot a tout pour plaire à l’équipe de bénévoles de l’association Les 4 horizons. Il est élégant, un rien mystérieux et offre plusieurs tiroirs à explorer. Le dictionnaire nous précise que la résilience est la « résistance aux chocs des matériaux », c’est aussi «  l’aptitude à affronter un stress intense et à s’y adapter ». 
A la filature de Ronchamp, les versions livrées par les architectes dépassaient les simples visions techniques de la résilience. Bruno Tonfoni, qui a réalisé la réhabilitation de la Filature, a confié à l’auditoire avoir été impressionné par un étudiant taïwanais lors d’un jury d’architecture. Le futur architecte avait présenté l’art du Kintsugi. Il s’agit de réparer un objet cassé en soulignant ses cicatrices avec des matériaux précieux comme de l’or. Bruno Tonfoni rappelle alors qu’il aurait été plus facile de détruire l’ancienne filature de Ronchamp plutôt que de la réhabiliter mais « détruire un objet, c’est détruire sa culture ». Ici, la culture ouvrière. D’où la volonté de laisser des traces visibles de ce riche passé. Des « points de sutures » apparents dans ces espaces qui ont désormais des vocations très contemporaines. Ici, comme dans de nombreux autres endroits, il n’y « a pas de passé sans futur ». 
Cette référence à l’art du Kintsugi a été également citée par soeur Brigitte lors de sa conférence dans la chapelle de Le Corbusier. Et c’est la dimension spirituelle que la soeur clarisse a choisi d’approfondir. « Dans quelle mesure, s’interroge-t-elle, l’homme peut-il être considéré comme résilient, c’est à dire capable de retrouver son identité originelle après une blessure ou un traumatisme ? » La résilience humaine, pense soeur Brigitte, est « dans le fait d’être capable d’aimer ». Et de poursuivre : « La résilience prend toute la place en nous si on laisse intervenir dans notre vie la notion d’altruisme, d’altérité, de pardon ». 
Et là aussi, les chemins de la pensée des uns des autres se sont croisés. Jean-Jacques Virot, l’architecte qui préside l’association propriétaire de la chapelle de Ronchamp, a évoqué comme soeur Brigitte la résilience de la chapelle. Tous les deux, ont évoqués les traumatismes vécus au fil des siècles sur cette colline qui n’a pas toujours été le lieu de paix que l’on connaît aujourd’hui. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la chapelle a de nouveau été détruite. Le traumatisme de ce conflit imprégné par l’impensable, l’idéologie nazie, provoque « l’incapacité de penser un projet » explique Jean-Jacques Virot. D’où cette « intuition forte de Le Corbusier  qui fait quelque chose que personne n’imaginait ».
Soeur brigitte avait commencé sa conférence en affirmant à propos de la Chapelle que « l’âme du départ était suffisamment résiliente pour être toujours vivante au XXIe siècle ». 

A la filature comme à la chapelle, toutes ces réflexions ont été ponctués de temps musicaux. « La musique, dit soeur Brigitte, est aussi résilience puisqu’elle contribue à régénérer notre âme, notre esprit dans leur essence originelle ».

Instruments et musiciens

 

Les photos de l’édition 2019 de Musique aux 4 Horizons

Musique aux 4 horizons, c’est un quotidien partagé pendant dix jours entre les musiciens, les bénévoles, les clarisses et le public. Répétitions en public sur la colline de Ronchamp, extraits des concerts à la maison de retraite de Ronchamp, découverte de la colline et rencontre avec les musiciens pour les enfants, conférences en musique de soeur Brigitte à la chapelle et des architectes Jean-Jacques Virot et Bruno Tonfoni à la filature de Ronchamp sur le thème de la résilience. Et bien sûr, la création du compositeur Alex Nante, le parcours poétique et musical, les concerts à l’oratoire des clarisses, signé Renzo Piano, à la chapelle Notre Dame-du-Haut de Le Corbusier, au Prieuré de Marast et à la Basilique de Luxeuil. . 
Photos : Pascal Froment

Edito 2019 M4H

Musique, architecture et spiritualité. Dirigés par la violoniste Marianne Piketty, neuf jeunes artistes feront vibrer la colline de Ronchamp en journée pendant les répétitions publiques et le soir lors de nombreux concerts. Retrouvez-les dans la chapelle de Le Corbusier qui sera le berceau d’un nouvel espace sonore, dans l’intimité de l’oratoire de Renzo Piano mais aussi dans le Prieuré de Marast, la Filature de Ronchamp et la basilique Saint-Pierre de Luxeuil en Haute-Saône.

Musique aux 4 Horizons renforce son engagement dans la création contemporaine et emprunte des voies inédites. Elle se donne comme fil conducteur la « Résilience », celle de l’âme humaine, de ses chemins et ses tourments dans sa quête de lumière au travers des drames et du chaos sous le regard de Hildegarde de Bingen, abbesse du 12e siècle, médecin, écrivain, musicienne, directrice d’enluminures qui perce le mystère des plantes et du corps humain, des sons, des formes et des lumières.
La « Sonate à Kreutzer » de Janacek et la « Nuit transfigurée » de Schoenberg inspirées respectivement de la nouvelle de Tolstoï et d’un poème de Dehmel parleront en miroir de l’amour, de la passion qui se terminent l’un dans le meurtre et l’autre dans le pardon.
Le Concerto funèbre de Hartmann , composé en 1939, est un cri contre l’aveuglement, mélange paradoxal d’espoir et de désespoir et en même temps affirmation de la vie.
Chostakovitch nous rappellera que le geste créateur est parfois le seul acte possible, la seule réponse salvatrice à l’oppression et à la terreur psychologique institutionnalisée.
Une commande est passée au jeune compositeur italo-argentin, Alex Nante, qui choisit d’écrire une allégorie à la nuit, celle de « la nuit obscure de l’âme », la nuit spirituelle comme matrice d’un nouveau jour.
La joie sera également au rendez-vous avec Vivaldi et Piazzolla.

La résilience, énergie qui nous permet de nous relever malgré les épreuves et de ne jamais renoncer, est également au centre des conférences de Soeur Brigitte de Singly et des architectes Jean-Jacques Virot et Bruno Tonfoni.

Marianne Piketty
Et l’Association Les 4 Horizons

L’affiche 2019

Vooici la nouvelle affiche et le programme pour la saison 2019.

LE BEST OF DES PHOTOS DE MUSIQUE AUX 4 HORIZONS 2018

Tout au long de la semaine musicale de M4H, Pascal Froment, un des bénévoles de l’association L4H photographie les musiciens lors des répétitions, des conférences en musique, des concerts. Des clichés publiés et partagés sur la page Facebook de Musique aux 4 horizons. Voici une sélection des ses photographies.

L’ ensemble Musique aux 4 Horizons :

Violons
Marianne Piketty Clara Mesplé Marija Strapcane Valentin Seignez-Bacquet Xie Tianren

Altos
Carolin Krüger Nicolas Garrigues

Violoncelles
Magdalena Ceple Iris Guemy

Contrebasse 

Aurélie Martin

LES TRANSCRIPTIONS D’HILDEGARDE VON BIGEN PAR OLIVIER FOURÉS

Création Hildegarde von Bingen-Olivier Fourés à la basilique de Luxeuil
Entre Hildegarde von Bingen et Marianne Piketty, il y a comme un fil d’Ariane qui se tisse au fil des saisons de Musique aux 4 horizons.Une sorte de repère vital, un ancrage sur cette colline de Ronchamp habitée par les clarisses.
Hildegarde von Bingen est  une des femmes les plus remarquables du Moyen-Âge. Naturopathe, peintre, compositrice, fondatrice de monastères et visionnaire. Marianne Piketty aime dire d’elle qu’elle soigne aussi bien l’âme que le corps.
L’an dernier, la directrice artistique et l’association L4H avait demandé à Benoit Menut d’écrire une pièce inspirée par l’oeuvre de Hildegarde von Bingen. Le compositeur s’était alors inspiré du poème  « O Puissance de l’éternité » mis également en musique par l’artiste du Moyen-Âge.
Pour cette 6e édition, c’est au tour du compositeur Olivier Fourés d’imaginer une partition à partir de celle de Hildegarde von Bingen. Il s’agit plus exactement de transcriptions de deux chants de la poète médiévale : « De Innoncentibus. Rex noter promptus est » et « O Magne Pater ».

Une « transcription » musicale, précise Olivier Fourés, consiste à porter une oeuvre dans un autre contexte sonore. Toute la difficulté réside dans la tentative de ne pas dénaturer l’esprit de l’oeuvre tout en sachant tirer parti des nouvelles couleurs »

Ces « transcriptions » projettent l’univers de la monodie dans celui, habituellement polyphonique, de l’orchestre à cordes. Un travail de funambule extrêmement novateur.

Dès la première écoute de cette transcription, musiciens et public ont plébiscité cette transcription. « On croirait entendre des voix » confie l’un des auditeurs à Marianne Piketty.
Ces deux transcriptions devraient continuer d’être interprétées par Marianne Piketty. La violoniste a fondé le Concert Idéal. Cette formation prépare l’enregistrement d’un CD pour  2020 qui mettra en miroir la musique « céleste » d’Hildegarde von Bingen, le «concerto funèbre » pour violon de Karl Amadeus Hartmann composé en 1939 et une commande au compositeur contemporain Philippe Hersant.
BIOGRAPHIE D’OLIVIER FOURÉS 

Olivier Fourés est danseur, musicologue et violoniste. Après des études au CNSM de Paris en danse classique avec Attilio Labis, il devient soliste de différentes compagnies européennes comme « Les Ballets de Marseille » avec Roland Petit, le « Leipziger Staatsoper » avec Uwe Scholz, le « Wiener Staatsoper » et « La Compañia Nacional de Danza » à Madrid avec Nacho Duato, tout en travaillant invité par de nombreux chorégraphes, théâtres et festivals internationaux.

Olivier étudie parallèlement la musique et commence à être régulièrement actif comme musicologue à partir du moment où il découvre un manuscrit inconnu d’une cantate de Vivaldi dans des archives viennoises. Docteur en musicologie, il est collaborateur de l’institut Vivaldi à Venise, et est considéré aujourd’hui comme l’un des plus éminents spécialistes du musicien vénitien.

Il a consacré sa thèse à son oeuvre pour violon et dirige actuellement l’édition omnia de son oeuvre instrumentale chez Ars Antiqva à Madrid.

Olivier travaille comme conseiller, auteur et arrangeur pour plusieurs maisons de disques, festivals, orchestres et interprètes (Deutsch Grammophon, Harmonia Mundi, Naïve, Salzburger Festspiel, Giuliano Carmignola, Amandine Beyer, Daniel Hope, Marianne Piketty, etc.) et est pédagogue et conférencier dans plusieurs universités, fondations et conservatoires (conservatoires supérieurs de Madrid, Lyon et Paris, Fondation Royaumont, Fondazione Cini, Université Showa de Tokyo, Autónoma de Madrid, SLUB de Dresde, Studio Architanz Tokyo, etc.).

Ses principaux sujets d’études correspondent au phénomène de l’interprétation et de la pédagogie artistique en général ainsi qu’à la relation mouvement/son/théâtre, ce qui l’amène à se produire comme interprète ou créateur au travers de diverses formes de spectacle.

FABIEN TOUCHARD À RONCHAMP : CREATION DE SON CONCERTO POUR VIOLON «… THEN THE NIGHT SHALL BREAK »

Fabien Touchard à Ronchamp

« Can you try it ? » La demande du compositeur est délicate. L’orchestre rejoue la mesure en prenant en compte la remarque de Fabien Touchard. Fabien Touchard écoute pour la première fois les notes qu’ils a écrites sur sa partition. Ce moment là, « c’est toujours une petite aventure » confie le compositeur. Un œil sur ses écrits, l’autre sur l’orchestre, le jeune homme est assis dans l’oratoire des clarisses dessiné par Renzo Piano sur la colline de Ronchamp. En face de lui, les jeunes musiciens de Musique aux 4 Horizons dirigé par la soliste Marianne Piketty. Ces artistes n’ont eu que quelques heures de répétitions avant l’arrivée de Fabien Touchard et, pourtant, la pièce est en place. Maintenant, il s’agit d’ajuster et d’interpréter les intentions du compositeur. Et même si ils ont pu être légèrement perdus au début des répétitions, les musiciens ont trouvé leurs repères.

C’est une des vocations de Musique aux 4 Horizons. Chaque l’association Les 4 Horizons et Marianne Piketty, la directrice artistique de cette semaine musicale, demandent à un jeune compositeur d’écrire une création. Cette fois-ci, il s’agit d’un concerto pour violon et orchestre de chambre. Fabien Touchard n’a eu qu’une seule indication pour trouver son inspiration : le mot Équilibre, thème de cette 6e édition.
Clés d’écoute avec Fabien Touchard
Équilibre pour un compositeur, cela peut déjà évoquer une « gestion du temps, explique Fabien Touchard lors des clés d’écoute données aux spectateurs du concert de la chapelle de Ronchamp. On construit une œuvre comme un édifice qui ne doit pas s’écrouler. Pierre Boulez avait trouvé une formule choc, poursuit le jeune compositeur, il parlait de bloc de durée. »

L’autre chemin emprunté par Fabien Touchard est celui de l’équilibre entre passé et présent. « On n’invente rien à partir de rien, admet le jeune homme. Même si le compositeur cherche toujours à inventer, il fait toujours avec son héritage musical. Dans cette pièce, j’ai voulu explorer cet aller et retour en passé et présent  en utilisant des fausses citations. »
En écoutant cette création, les mélomanes pourraient reconnaître des airs d’autres compositeurs mais Fabien Touchard les a légèrement détournés. C’est le cas d’une des fantaisies pour viole de gambe de Purcell. « On sent seulement l’esprit de Purcell. Ce thème fait office de centre de gravité ». Écoutez la septième fantaisie, c’est fascinant !
Fabien Touchard lors des répétitions de sa création
Munis de ces utiles clés d’écoute, l’auditeur entre à son tour dans le jeu. Fabien Touchard raconte que les musiciens, eux, ont trouvé d’autres influences comme celle du quintette à deux violoncelles de Schubert. « Possible, répond Fabien Touchard. Les fausses citations conscientes se mêlent à des citations inconscientes. Le plus gros travail de composition se fait de façon inconsciente. L’énergie primale qui nourrit le geste créatif n’est pas toujours conscientisé ».
Tel un historien d’art qui interprète la composition d’un tableau, le mélomane est aussi actif dans son écoute affirme Fabien Touchard. « C’est un échange complexe où tout le monde est actif. C’est aussi une autre forme d’équilibre ! »
Fabien Touchard à la chapelle de Ronchamp
Et le titre de ce concerto ? Fabien Touchard s’est inspiré d’un poème de William Blake. Ces deux vers livrent le sens profond et l’architecture de sa création. Une histoire où les ténèbres n’ont pas le dernier mot.
« When thy little heart doth wake,
Then the dreadful night shall break »
Ce sont les deux derniers vers du poème Cradle song de William Blake (1757-1827)
 
Sleep, sleep, beauty bright,
Dreaming in the joys of night;
Sleep, sleep; in thy sleep
Little sorrows sit and weep.
Sweet babe, in thy face
Soft desires I can trace,
Secret joys and secret smiles,
Little pretty infant wiles.
As thy softest limbs I feel,
Smiles as of the morning steal
O’er thy cheek, and o’er thy breast
Where thy little heart doth rest.
O the cunning wiles that creep
In thy little heart asleep!
When thy little heart doth wake,
Then the dreadful night shall break.
Fabien Touchard s’est également inspiré de poèmes pour les pièces qu’il vient d’enregistrer sur le CD « Beauté du monde » (Label Hortus) dont la sortie est prévue le 28 septembre prochain.
BIOGRAPHIE DE FABIEN TOUCHARD :
Fabien Touchard a étudié au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il a obtenu 9 prix (classes d’écriture, composition, orchestration, analyse, improvisation et accompagnement vocal), et à l’université Paris-IV Sorbonne où il a obtenu un Master de musicologie.Compositeur lauréat de la Fondation Banque populaire en 2014 et de la Fondation Franz Josef Reinl de Vienne/Münich en 2013, ses pièces sont données en France, en Allemagne, au Canada, aux Pays-Bas, en Bulgarie, au Japon… Il a enseigné l’harmonie et l’harmonisation au clavier à l’université Paris-Sorbonne avant d’être nommé professeur d’écriture au C.R.R. de Boulogne-Billancourt, où il est toujours en poste actuellement.Arrangeur et improvisateur, il travaille sur de nombreux spectacles et ciné-concerts à Paris et en province, notamment au cinéma Le Balzac où il organise en 2015 une Nuit du cinéconcert. La même année il est également nommé chef de chant au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris.Parmi ses derniers projets, citons une intégrale de ses quatuors à cordes par l’ensemble Stanislas de Nancy, une création pour récitant et ensemble donnée au théâtre de l’Athénée à Paris par le comédien Didier Sandre, un concerto pour violon et orchestre à cordes créé en août en la chapelle Notre-Dame de Ronchamp par Marianne Piketty, ainsi qu’un CD intégralement consacré à sa musique vocale à paraître cette année chez Hortus. Ses compositions sont éditées chez Aedam

LA FILATURE À RONCHAMP : UN LIEU IDEAL POUR LA CONFERENCE ARCHITECTURE ET MUSIQUE

Valentin Seignez-Bacquet, Nicolas Garrigues, Clara Mesplé, Tianren Xie
C’était là et pas ailleurs, dans cet espace poussiéreux et lumineux que nous avons choisi de proposer la conférence architecture et musique, un des rendez-vous attendu de la semaine musicale de M4H. Un jour ou l’autre, le chantier laissera place à une cuisine centrale mais ce jour-là, le mur encore friche racontait l’histoire du lieu : une ancienne filature textile transformée en un site économique et culturel et sportif. Un projet porté par la communauté de communes de Rahin et Chérimont et confié à Bruno Tonfoni.
Bruno Tonfoni
L’architecte est revenu tout spécialement à Ronchamp pour donner les clés de lecture de ces formes industrielles. Une architecture lumineuse par nécessité. A ses côtés, Jean-Jacques Virot, le président de l’association AONDH propriétaire de la chapelle de Ronchamp, a lui parlé des lumières et des formes du chef d’oeuvre de Le Corbusier.
Jean-Jacques Virot
Une conférence à deux voix enrichie par les interprétations des musiciens de M4H dirigés par Marianne Piketty. Un vrai plaisir pour eux de jouer pour eux dans ce lieu en devenir : lumière et acoustique étaient parfaites !
La Filature

Pour prolonger les échanges entre le public et les intervenants, Musique aux 4 horizons aime proposer des petits temps conviviaux. Cette fois-ci, l’association a fait appel à deux professionnels locaux : le Franc Brasseur, également installé sur l’Ecoparc et l’association Saveurs des Vosges Comtoises.

 

Voici les oeuvres jouées lors de cette conférence en musique du vendredi 5 août 2018 à la  Filature de Ronchamp.
Wolfgang Amadeus MOZART
Duo en sol majeur pour violon et alto Premier mouvement
Par Clara Mesplé et Nicolas Garrigues
György KURTÁG
Trois pièces
Par Magdalena Ceple
Niccolò PAGANINI
Caprice n°11
Par Xie Tianren
Philippe HERSANT
Chants du sud
Par Valentin Seignez-Bacquet
Benjamin BRITTEN
Simple Symphony 
Sentimental Sarabande
Frolicsome Finale

Par l’ensemble Musique aux 4 Horizons :

Violons
Marianne Piketty Clara Mesplé Marija Strapcane Valentin Seignez-Bacquet Xie Tianren

Altos
Carolin Krüger Nicolas Garrigues

Violoncelles
Magdalena Ceple Iris Guemy

Contrebasse 

Aurélie Martin

LES FRANCAS À RONCHAMP : « UN VIOLON POUR NOËL ! »

Les enfants des Francas de Placher-Bas
Et si il y avait un dragon dans un violoncelle ? La musique libère l’imaginaire. En particulier celui de la vingtaine d’enfants des Francas venus passer un après-midi sur la colline de Ronchamp. Nouveauté cette année, l’association Les 4 Horizons a proposé aux Francas de Plancher-Bas (70) de venir découvrir l’architecture de la colline et de faire connaissance avec les musiciens du festival. Pour la plupart des ces enfants, âgés de trois à dix ans, c’était une grande première. Marianne Piketty et les jeunes solistes ont pris le temps de leur transmettre ce qui les fait vibrer depuis leur enfance.
Découverte de la contrebasse
Tous ont commencé la musique vers six ans. Aujourd’hui, ils ont une vingtaine d’années et jouent de leur instrument environ cinq heures par jour. Pendant cette semaine musicale, ils se perfectionnent auprès de la violoniste Marianne Piketty, professeur au conservatoire national de musique de Lyon. Une artiste qui a le goût de la transmission.  « Comment faites-vous ? » s’interroge un des enfants venus avec les Francas.  « Pour jouer ensemble,il faut s’écouter ! » répond Marianne Piketty. Devenir musicien est un travail de longue haleine et aussi une leçon de vie.
Découverte du violoncelle
Le petit groupe des Francas a également écouter les explications de l’architecte Jean-Jacques Virot. Comment regarder la chapelle dessinée par Le Corbusier au début des années 50 ? A quoi sert-elle ? Des touristes du monde entier viennent sur la colline de Ronchamp pour admirer le chef d’œuvre de l’architecte mais les habitants des environs, tels les Parisiens et leur Tour Eiffel, n’y viennent pas si souvent que cela.
Jean-Jacques Virot présente la chapelle
Et pourtant, ce havre de paix et de sérénité n’est jamais tout à fait le même. Sa lumière, sa végétation évoluent au gré des saisons. L’association Les 4 horizons a imaginé cette semaine musicale pour inciter à venir sur cette colline hors du commun et pour favoriser la transmission de cette culture musicale si essentielle à notre quotidien. Juste avant que les enfants des Francas ne quittent la colline, nous leur avons demandé ce qu’ils raconteraient à leurs parents. L’un d’entre eux a juste répondu : « Je leur demanderai un violon pour Noël ! ». L’équipe de Musique aux 4 horizons a été comblée par cette réponse.
Voici le reportage de France 3 Franche-Comté réalisé par Philippe Arbez, Jean-Stéphane Maurice et Mehdi Bensmaïl lors de la visite des enfants des  Francas sur la colline de Ronchamp :

RONCHAMP : LES RÉPÉTITIONS DES MUSICIENS DE M4H OUVERTES AU PUBLIC

Répétition publique de Musique aux 4 horizons

C’est un peu comme un bonus inattendu. Les fans d’architecture moderne ont traversé l’océan pour venir admirer le chef d’oeuvre de Le Corbusier et ils découvrent un corps sonore. Le temps d’une semaine, silence est rompu dans ce «lieu de silence, de prière, de paix, et de joie intérieure» voulu par l’architecte. Cette année, l’été caniculaire permet aux musiciens de répéter dans la chapelle extérieure, celle destinée à accueillir des centaines de pèlerins lors des grandes fêtes mariales. C’est aussi de ce point de vue que la Chapelle Notre-Dame-du-Haut est la plus connue. Une proue d’un navire-coquillage dessinée par les étudiants architectes du monde entier. Ultra photogénique pour un souvenir Instagram. En ce moment d’autres mots clés rejoignent le #ronchamp : #violon #cello #music… Et pour les plus avertis #musiqueaux4horizons.

Des jeunes musiciens venus de France, Lettonie, Chine et d’ Allemagne répètent en public du matin au soir un répertoire tout aussi exigeant qu’exaltant. La violoniste Marianne Piketty, la directrice artistique du festival, transmet son énergie et ses clés d’interprétation de la Simple symphonie de Britten ou de la transcription inédite d’oeuvres d’Hildegarde de Bingen par le compositeur Olivier Fourès.

En fin de semaine, ce sont les mélomanes qui vont gravir la colline de Ronchamp à la recherche de sensations fortes ! Le compositeur Fabien Touchard participera aux répétitions de sa création « «…then the night shall break », un concerto pour violon et orchestre à cordes. Imaginez-vous, là assis à deux pas des musiciens, en train d’écouter émerger une oeuvre encore jamais jouée. Ecouter, regarder, percevoir cette émotion de la première fois ! #amazing !!

Musique aux 4 horizons, une vision fraternelle de l’art

Les mots manquent pour décrire ce que vivent musiciens et bénévoles sur la colline de Ronchamp. Musique aux 4 horizons n’est pas uniquement un festival. C’est bien plus que «des représentations artistiques se déroulant périodiquement dans un endroit donné».

C’est surtout un espace de rencontres fraternelles enrichies par la musique, l’architecture et la spiritualité.

Un espace terrestre : celui de la colline de Ronchamp. Un «lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure» écrivait Le Corbusier.

Vivre ici pendant dix jours, monter à la chapelle, descendre vers la Porterie, aller au monastère .. Tous ces pas murissent notre action. Nous sommes imprégnés du calme et de la beauté du lieu. Nous avons la chance inouïe d’habiter cette colline que des visiteurs du monde entier viennent voir quelques heures !

Un espace temporel : celui des échanges humains. Pour Soeur Brigitte, l’abbesse du monastère des clarisses, deux poumons donnent leur souffle à la colline, l’un est culturel, l’autre est spirituel.

Dés leur arrivée, les musiciens sont accueillis par Jean-Jacques Virot. Cet architecte est le président de l’association AONDH, propriétaire du site. Il tient à ce que chaque visiteur se sente chez lui lors de son passage sur la colline. Avec finesse et pédagogie, Jean-Jacques Virot donne les clés visuelles aux jeunes musiciens pour qu’ils saisissent les intentions de Le Corbusier, Jean Prouvé et Renzo Piano. Plus tard dans la semaine, Jean-Jacques Virot offrira aux visiteurs une conférence éclairante : l’architecte transmet les intentions profondes de Le Corbusier lors de la création de son chef d’oeuvre. Connaître l’histoire de la colline ne peut qu’inspirer les musiciens lorsqu’ils auront à interpréter les oeuvres choisies par Marianne Piketty.

Les artistes sont logés au monastère. Pendant dix jours, leur vie quotidienne est dédiée à la musique et aux rencontres. Les clarisses ne cherchent pas à convertir les visiteurs. Elles sont à leur écoute et les accueillent avec bienveillance. Elles vivent leur foi sans l’imposer. Toujours prêtes à sourire et à rire, leur joie de vivre est contagieuse.

Nous avons instauré un rendez-vous entre l’abbesse et les jeunes musiciens. Un temps d’échanges, d’écoute sur des thèmes d’actualités ou de spiritualité.

Profane et religieux se découvrent mutuellement. Autre signe particulier de Musique aux 4 horizons : les jeunes musiciens, peuvent, si ils le désirent, participer à l’animation de la messe dominicale à la chapelle. C’est surprenant comme ils apprécient de jouer des musiques toutes simples, juste pour le plaisir d’être ensemble !

C’est à tout cela que rêvaient Marie-Christine et Paul Vincent lorsqu’ils ont eu l’idée lumineuse de donner un écrin à l’envie de se perfectionner de jeunes interprètes auprès d’une pédagogue de renom, Marianne Piketty. Un rêve devenu poème sous la plume de soeur Marie-Claire :

M4H : un mot magique
qui évoque depuis plusieurs années
une collaboration inédite
entre architectes, clarisses, musiciens
et autres amis aux diverses spécialités,
pour unir chaque année
dans un acte créateur
musique, architecture et spiritualité.

Au fil des ans, cette ambition de faire vivre les deux poumons de colline se déploie comme  une partition humaine. Une fois partis de la colline, musiciens et bénévoles transmettent à leur tour cette petite étincelle créatrice qui transperce les nuits étoilées de Ronchamp.

Transmettre, une seconde nature pour Marianne Piketty

D’emblée, vous êtes saisis par son énergie. Lorsque Marianne Piketty commence à jouer sur son violon vénitien daté de 1685, c’est un pétillement !

Le sourire naturel, l’arcade sourcilière en éveil, les émotions de la musicienne transparaissent sur son visage. Elles s’épanouissent aussi bien lors des répétitions que des concerts. Une joie communicative servie par une technique de haut vol. Lorsque Marie-Christine et Paul Vincent l’ont écoutée pour la première fois en concert dans le Sud de la France, ce fût un vrai choc et c’est ce qui leur a donné envie de créer Musique aux 4 Horizons.

C’est tout cela que la concertiste veut transmettre aux jeunes musiciens qui viennent en résidence sur la colline de Ronchamp pendant la semaine de Musique aux 4 horizons. Ici, tout est bon pour améliorer sa technique et son expression. Les musiciens passent non seulement d’un répertoire à l’autre ( baroque, romantique, contemporain..) mais ils jonglent aussi avec les formations (orchestre ou musique de chambre, soliste lors de concertos). Autre forme d’apprentissage, parvenir à apprivoiser des acoustiques aussi complexes que celles de l’oratoire des clarisses ou de la chapelle Notre Dame-du-haut de Le Corbusier.

Résider au monastère avec les jeunes instrumentistes sur la colline de Ronchamp est une des clés du succès de Musique aux 4 horizons. La sérénité du lieu, l’accueil bienveillant des clarisses, favorisent cette transmission.

Marianne Piketty  prodigue ses dons de pédagogue toute l’année auprès de ses élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Elle donne également de nombreuses master classes en Europe et en Asie. Et c’est toujours cette envie de transmettre qui l’a incité à créer en 2013 le Concert Idéal. Marianne Piketty a réuni autour d’elle des jeunes artistes européens pour «explorer la musique sous toutes ses coutures, au travers du temps et de l’espace mais aussi de ses relations avec la littérature, le théâtre et la danse». Certains de ces jeunes ont participé à des éditions de Musique aux 4 horizons.

Une quête de bonheur artistique qui se concrétise sur la colline de Ronchamp, au CNSM ou sur les scènes de théâtre. « Ces rencontres avec les musiciens de demain me sont particulièrement chères. Elles offrent un espace de liberté, d’échanges et d’émulation, qui ouvre la voie à une grande créativité dans l’interprétation, qui fait apparaître le bonheur inhérent à tout projet en commun. » La générosité de Marianne Piketty vient de l’intérieur : un trésor offert aux jeunes artistes.

Le parcours musical et poétique fait un détour par le monastère

Parcours musical et poétique 2017

Les poèmes de soeur MARIE-CLAIRE, clarisse de la communauté de Ronchamp, sont les racines de ce parcours musical et poétique.

Parcours musical et poétique 2017

A L’orée du bois
Nous sommes ici au source du silence:
Un silence habité de chants d’oiseaux, du bruissement léger du vent dans les arbres qui sont là, tout près, en liberté !
Cet espace de solitude intime, ce sont les chambres, ouvrant tout droit vers la nature.

Il y a ce qu’il faut, pas plus, pas moins, mais surtout de la lumière :
Soleil levant pour les chambres d’accueil, Soleil couchant dans le quartier des soeurs.

La verdure du jasmin tisse amoureusement son entrelacs sur le grillage
qui sépare ou unit deux chambres mitoyennes,
Tandis que les pervenches se prélassent dans l’espace libre ouvrant sur laforêt.
Quelques citronniers ont résisté aux premiers froids dans les jardins d’hiver et certains fructifient inlassablement.

Ces Logettes dessinées par Renzo Piano font le bonheur des hôtes qui les découvrent,
y séjournent, passent et repassent , dans la joie de se refaire en quelques heures, en quelques jours, une santé de l’âme et du corps.

Respiration paisible au soleil bon et chaud,
à l’abri frais, à l’abri chaleureux selon les saisons.

Lecture, écriture, méditation, contemplation :
C’est le secret de chacun, que nul ne cherche à percez en ce lieu précieux entre tous.

Parcours musical et poétique 2017

Ces textes, interprétés par Pascal Froment, nous éclairent sur le quotidien des clarisses. Un cheminement inédit à travers les espaces de travail et de prière du monastère.

Parcours musical et poétique 2017

Tout au long de ce parcours sur la colline, les artistes de Musique aux 4 horizons vous offrent des interprétations d’oeuvres qui leur tiennent particulièrement à coeur.

Valentin Chiapello, alto :

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Prélude de la suite n°5

Max Reger (1873—1916) 

Premier mouvement de la suite n°3 opus 631 D.

Marija Strapcane, violon :

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Andante de la sonate n°2 pour violon seul

Suzanne Durand-Rivière, violon et Iris Guemy, violoncelle :

Reinhold Glière (1874-1956)

Berceuse pour violon et violoncelle

Suzanne Durand-Rivière, violon et Marina Capstick, alto :

Wolfang Amadeus Mozart (1756-1791)

Premier mouvement  du duo pour violon et alto en sol KV 423

Marijia Strapcane, violon :

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Allegro de la sonate n°2 pour violon seul

Suzanne Durand-Riivière, violon, et Iris Guemy, violoncelle :

Reinhold Glière (1874-1956)

Scherzo pour violon et violoncelle

Et cette année, en final de ce parcours, Alessio Pianelli interprète une de ses créations pour violoncelle : « Da BACo a FaRFalLa » pour violoncelle solo, écrite en mai 2015

Parcours musical et poétique 2017

Bruno Helstroffer : du baroque au contemporain

«C’est le théorbe qui m’a choisi !» Bruno Helstroffer répond par une pirouette lorsqu’on lui demande pourquoi il joue de cet instrument si intrigant . Avec son théorbe, Bruno Helstroffer jette des navettes entre les fils des univers musicaux. Il tisse des liens entre compositions baroques et musiques actuelles. «A la frontière des styles musicaux, il marque ainsi sa volonté de marier habilement ses multiples expériences et propose une communication entre genres et artistes d’horizons différents.»

Les spectateurs des concerts de l’oratoire des clarisses et du prieuré de Marast de cette 5e édition de Musique aux 4 horizons ont ainsi pu découvrir sa création pour instruments à cordes. I Quattro Venti est un envoutement musical aussi rythmé que mélodieux. Comme vous pouvez l’écouter au cours de cet entretien, l’inspiration d’un compositeur tient à des petits riens du quotidien. Une émotion, une image …

Benoit Menut : quand les notes inondent les méandres de l’esprit

Clés de sol, clés de fa.. Sur la colline de Ronchamp, Benoit Menut a pris le temps de nous  raconter son trousseau de clés personnel, celui qui a fait de lui le compositeur qu’il est aujourd’hui. Petit, il est resté assez longtemps sans voir. Son écoute et sa mémoire se sont développées avec aisance. Benoit Menut a mis son goût du jeu de construction au service de la musique. Le solfège est un jeu, une forme de «code» à triturer, étirer, manipuler jusqu’à ce que les sons entendus en son for intérieur deviennent une langue interprétable par les musiciens. L’inspiration ne vient pas au bout de ses doigts, elle est plutôt guidée par ses lectures.

Marie-Christine et Paul Vincent, les fondateurs de Musique aux 4 horizons, veulent chaque année faire découvrir au public la richesse de la création contemporaine. Et, c’est la directrice artistique du festival, Marianne Piketty qui a demandé à Benoit Menut de s’inspirer de l’oeuvre d’Hildegarde de Bingen pour cette création de l’édition 2017.

Comme à son habitude, Benoit Menut s’est d’abord plongé dans la littérature pour trouver l’inspiration. Les écrits laissés par Hildegarde de Bingen sont particulièrement riches. Il s’agit d’une des femmes les plus remarquables du Moyen-Âge. Naturopathe, peintre, compositrice, fondatrice de monastères et visionnaire. Elle a notamment écrit le poème O Puissance de l’éternité qu’elle a mis en musique :

 

Puissance de l’éternité qui ordonnas toutes choses en ton cœur,
par ta parole toute chose fut créée selon ta volonté,
et ta parole elle-même s’est fait chair
en cette forme issue d’Adam.
Ainsi ses vêtements furent lavés d’une peine infinie.

Qu’elle est grande, la bonté du Sauveur
qui délivra toute choses par son incarnation,
exhalé par la divinité sans le joug du péché.

 Ainsi ses vêtements furent lavés d’une peine infinie.

 Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.

 Juste avant le concert de Musique aux 4 horizons à la chapelle de Ronchamp, le compositeur a pris le temps d’expliquer au public comment il avait travaillé.

Des clés d’écoute bienvenues pour apprécier cette création jouée pour la première fois lors de cette semaine de Musique aux 4 horizons. «Hildegarde de Bingen a écrit cette musique comme on calligraphie des enluminures. Elle étire la mélodie comme une corde. Ce sont les mots de ce poème qui donnent la musique. J’ai trituré, j’ai démonté pour mieux remonter. En langage musical, nous pouvons rentrer dans la cuisine du compositeur. Hildegarde de Bingen s’est amusée avec son thème.»  Benoit Menut, lui, a construit une partition en trois temps avec un thème omniprésent. Violons, altos, violoncelles, contrebasses, chaque instrument interprète un élément du thème. Une forme de superposition comme un jeu de construction.

Et pour atteindre cette éternité évoquée par Hildegarde de Bingen, il faut bien vieillir et mourir, monter dans une barque vers l’au-delà. La partie centrale de sa création, elle, est directement inspirée du poème Les Marins de Xavier Grall :

Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux
Leurs mains crevassées par les chasses marines
Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues
Portent les songes des frêles brigantines
Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d’Irlande
Retraités, usant les bancs au levant des chaumières
Leurs dents mâchonnant des refrains de
Marie-Galante
Ils lorgnent l’horizon blanc des provendes hauturières
Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs
Leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs
Des voiliers brisés dans les goémons rageurs
Et luisent leurs regards comme des louis
Les vieux de chez moi n’attendent rien de la vie
Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse
Mangé la cotriade et siroté l’eau-de-vie
La mort peut les prendre, noire comme la pinasse
Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué Observant le port, le jardin, l’hortensia
Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria
«
Adieu les belles, c’est le branle-bas »
Et les femmes des marins fermeront leurs volets.

Et c’est ainsi que Benoit Menut a fait jaillir les notes de sa création pour Musique aux 4 horizons. Lors des répétitions avec les musiciens de M4H à l’oratoire des clarisses, des visiteurs de la colline se sont assis quelques instants. Ils ont découvert sur le vif comment «une intuition devient réalité».