Musique aux 4 horizons, une vision fraternelle de l’art

Les mots manquent pour décrire ce que vivent musiciens et bénévoles sur la colline de Ronchamp. Musique aux 4 horizons n’est pas uniquement un festival. C’est bien plus que «des représentations artistiques se déroulant périodiquement dans un endroit donné».

C’est surtout un espace de rencontres fraternelles enrichies par la musique, l’architecture et la spiritualité.

Un espace terrestre : celui de la colline de Ronchamp. Un «lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure» écrivait Le Corbusier.

Vivre ici pendant dix jours, monter à la chapelle, descendre vers la Porterie, aller au monastère .. Tous ces pas murissent notre action. Nous sommes imprégnés du calme et de la beauté du lieu. Nous avons la chance inouïe d’habiter cette colline que des visiteurs du monde entier viennent voir quelques heures !

Un espace temporel : celui des échanges humains. Pour Soeur Brigitte, l’abbesse du monastère des clarisses, deux poumons donnent leur souffle à la colline, l’un est culturel, l’autre est spirituel.

Dés leur arrivée, les musiciens sont accueillis par Jean-Jacques Virot. Cet architecte est le président de l’association AONDH, propriétaire du site. Il tient à ce que chaque visiteur se sente chez lui lors de son passage sur la colline. Avec finesse et pédagogie, Jean-Jacques Virot donne les clés visuelles aux jeunes musiciens pour qu’ils saisissent les intentions de Le Corbusier, Jean Prouvé et Renzo Piano. Plus tard dans la semaine, Jean-Jacques Virot offrira aux visiteurs une conférence éclairante : l’architecte transmet les intentions profondes de Le Corbusier lors de la création de son chef d’oeuvre. Connaître l’histoire de la colline ne peut qu’inspirer les musiciens lorsqu’ils auront à interpréter les oeuvres choisies par Marianne Piketty.

Les artistes sont logés au monastère. Pendant dix jours, leur vie quotidienne est dédiée à la musique et aux rencontres. Les clarisses ne cherchent pas à convertir les visiteurs. Elles sont à leur écoute et les accueillent avec bienveillance. Elles vivent leur foi sans l’imposer. Toujours prêtes à sourire et à rire, leur joie de vivre est contagieuse.

Nous avons instauré un rendez-vous entre l’abbesse et les jeunes musiciens. Un temps d’échanges, d’écoute sur des thèmes d’actualités ou de spiritualité.

Profane et religieux se découvrent mutuellement. Autre signe particulier de Musique aux 4 horizons : les jeunes musiciens, peuvent, si ils le désirent, participer à l’animation de la messe dominicale à la chapelle. C’est surprenant comme ils apprécient de jouer des musiques toutes simples, juste pour le plaisir d’être ensemble !

C’est à tout cela que rêvaient Marie-Christine et Paul Vincent lorsqu’ils ont eu l’idée lumineuse de donner un écrin à l’envie de se perfectionner de jeunes interprètes auprès d’une pédagogue de renom, Marianne Piketty. Un rêve devenu poème sous la plume de soeur Marie-Claire :

M4H : un mot magique
qui évoque depuis plusieurs années
une collaboration inédite
entre architectes, clarisses, musiciens
et autres amis aux diverses spécialités,
pour unir chaque année
dans un acte créateur
musique, architecture et spiritualité.

Au fil des ans, cette ambition de faire vivre les deux poumons de colline se déploie comme  une partition humaine. Une fois partis de la colline, musiciens et bénévoles transmettent à leur tour cette petite étincelle créatrice qui transperce les nuits étoilées de Ronchamp.

Transmettre, une seconde nature pour Marianne Piketty

D’emblée, vous êtes saisis par son énergie. Lorsque Marianne Piketty commence à jouer sur son violon vénitien daté de 1685, c’est un pétillement !

Le sourire naturel, l’arcade sourcilière en éveil, les émotions de la musicienne transparaissent sur son visage. Elles s’épanouissent aussi bien lors des répétitions que des concerts. Une joie communicative servie par une technique de haut vol. Lorsque Marie-Christine et Paul Vincent l’ont écoutée pour la première fois en concert dans le Sud de la France, ce fût un vrai choc et c’est ce qui leur a donné envie de créer Musique aux 4 Horizons.

C’est tout cela que la concertiste veut transmettre aux jeunes musiciens qui viennent en résidence sur la colline de Ronchamp pendant la semaine de Musique aux 4 horizons. Ici, tout est bon pour améliorer sa technique et son expression. Les musiciens passent non seulement d’un répertoire à l’autre ( baroque, romantique, contemporain..) mais ils jonglent aussi avec les formations (orchestre ou musique de chambre, soliste lors de concertos). Autre forme d’apprentissage, parvenir à apprivoiser des acoustiques aussi complexes que celles de l’oratoire des clarisses ou de la chapelle Notre Dame-du-haut de Le Corbusier.

Résider au monastère avec les jeunes instrumentistes sur la colline de Ronchamp est une des clés du succès de Musique aux 4 horizons. La sérénité du lieu, l’accueil bienveillant des clarisses, favorisent cette transmission.

Marianne Piketty  prodigue ses dons de pédagogue toute l’année auprès de ses élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Elle donne également de nombreuses master classes en Europe et en Asie. Et c’est toujours cette envie de transmettre qui l’a incité à créer en 2013 le Concert Idéal. Marianne Piketty a réuni autour d’elle des jeunes artistes européens pour «explorer la musique sous toutes ses coutures, au travers du temps et de l’espace mais aussi de ses relations avec la littérature, le théâtre et la danse». Certains de ces jeunes ont participé à des éditions de Musique aux 4 horizons.

Une quête de bonheur artistique qui se concrétise sur la colline de Ronchamp, au CNSM ou sur les scènes de théâtre. « Ces rencontres avec les musiciens de demain me sont particulièrement chères. Elles offrent un espace de liberté, d’échanges et d’émulation, qui ouvre la voie à une grande créativité dans l’interprétation, qui fait apparaître le bonheur inhérent à tout projet en commun. » La générosité de Marianne Piketty vient de l’intérieur : un trésor offert aux jeunes artistes.

Le parcours musical et poétique fait un détour par le monastère

Parcours musical et poétique 2017

Les poèmes de soeur MARIE-CLAIRE, clarisse de la communauté de Ronchamp, sont les racines de ce parcours musical et poétique.

Parcours musical et poétique 2017

A L’orée du bois
Nous sommes ici au source du silence:
Un silence habité de chants d’oiseaux, du bruissement léger du vent dans les arbres qui sont là, tout près, en liberté !
Cet espace de solitude intime, ce sont les chambres, ouvrant tout droit vers la nature.

Il y a ce qu’il faut, pas plus, pas moins, mais surtout de la lumière :
Soleil levant pour les chambres d’accueil, Soleil couchant dans le quartier des soeurs.

La verdure du jasmin tisse amoureusement son entrelacs sur le grillage
qui sépare ou unit deux chambres mitoyennes,
Tandis que les pervenches se prélassent dans l’espace libre ouvrant sur laforêt.
Quelques citronniers ont résisté aux premiers froids dans les jardins d’hiver et certains fructifient inlassablement.

Ces Logettes dessinées par Renzo Piano font le bonheur des hôtes qui les découvrent,
y séjournent, passent et repassent , dans la joie de se refaire en quelques heures, en quelques jours, une santé de l’âme et du corps.

Respiration paisible au soleil bon et chaud,
à l’abri frais, à l’abri chaleureux selon les saisons.

Lecture, écriture, méditation, contemplation :
C’est le secret de chacun, que nul ne cherche à percez en ce lieu précieux entre tous.

Parcours musical et poétique 2017

Ces textes, interprétés par Pascal Froment, nous éclairent sur le quotidien des clarisses. Un cheminement inédit à travers les espaces de travail et de prière du monastère.

Parcours musical et poétique 2017

Tout au long de ce parcours sur la colline, les artistes de Musique aux 4 horizons vous offrent des interprétations d’oeuvres qui leur tiennent particulièrement à coeur.

Valentin Chiapello, alto :

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Prélude de la suite n°5

Max Reger (1873—1916) 

Premier mouvement de la suite n°3 opus 631 D.

Marija Strapcane, violon :

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Andante de la sonate n°2 pour violon seul

Suzanne Durand-Rivière, violon et Iris Guemy, violoncelle :

Reinhold Glière (1874-1956)

Berceuse pour violon et violoncelle

Suzanne Durand-Rivière, violon et Marina Capstick, alto :

Wolfang Amadeus Mozart (1756-1791)

Premier mouvement  du duo pour violon et alto en sol KV 423

Marijia Strapcane, violon :

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Allegro de la sonate n°2 pour violon seul

Suzanne Durand-Riivière, violon, et Iris Guemy, violoncelle :

Reinhold Glière (1874-1956)

Scherzo pour violon et violoncelle

Et cette année, en final de ce parcours, Alessio Pianelli interprète une de ses créations pour violoncelle : « Da BACo a FaRFalLa » pour violoncelle solo, écrite en mai 2015

Parcours musical et poétique 2017

Bruno Helstroffer : du baroque au contemporain

«C’est le théorbe qui m’a choisi !» Bruno Helstroffer répond par une pirouette lorsqu’on lui demande pourquoi il joue de cet instrument si intrigant . Avec son théorbe, Bruno Helstroffer jette des navettes entre les fils des univers musicaux. Il tisse des liens entre compositions baroques et musiques actuelles. «A la frontière des styles musicaux, il marque ainsi sa volonté de marier habilement ses multiples expériences et propose une communication entre genres et artistes d’horizons différents.»

Les spectateurs des concerts de l’oratoire des clarisses et du prieuré de Marast de cette 5e édition de Musique aux 4 horizons ont ainsi pu découvrir sa création pour instruments à cordes. I Quattro Venti est un envoutement musical aussi rythmé que mélodieux. Comme vous pouvez l’écouter au cours de cet entretien, l’inspiration d’un compositeur tient à des petits riens du quotidien. Une émotion, une image …

Benoit Menut : quand les notes inondent les méandres de l’esprit

Clés de sol, clés de fa.. Sur la colline de Ronchamp, Benoit Menut a pris le temps de nous  raconter son trousseau de clés personnel, celui qui a fait de lui le compositeur qu’il est aujourd’hui. Petit, il est resté assez longtemps sans voir. Son écoute et sa mémoire se sont développées avec aisance. Benoit Menut a mis son goût du jeu de construction au service de la musique. Le solfège est un jeu, une forme de «code» à triturer, étirer, manipuler jusqu’à ce que les sons entendus en son for intérieur deviennent une langue interprétable par les musiciens. L’inspiration ne vient pas au bout de ses doigts, elle est plutôt guidée par ses lectures.

Marie-Christine et Paul Vincent, les fondateurs de Musique aux 4 horizons, veulent chaque année faire découvrir au public la richesse de la création contemporaine. Et, c’est la directrice artistique du festival, Marianne Piketty qui a demandé à Benoit Menut de s’inspirer de l’oeuvre d’Hildegarde de Bingen pour cette création de l’édition 2017.

Comme à son habitude, Benoit Menut s’est d’abord plongé dans la littérature pour trouver l’inspiration. Les écrits laissés par Hildegarde de Bingen sont particulièrement riches. Il s’agit d’une des femmes les plus remarquables du Moyen-Âge. Naturopathe, peintre, compositrice, fondatrice de monastères et visionnaire. Elle a notamment écrit le poème O Puissance de l’éternité qu’elle a mis en musique :

 

Puissance de l’éternité qui ordonnas toutes choses en ton cœur,
par ta parole toute chose fut créée selon ta volonté,
et ta parole elle-même s’est fait chair
en cette forme issue d’Adam.
Ainsi ses vêtements furent lavés d’une peine infinie.

Qu’elle est grande, la bonté du Sauveur
qui délivra toute choses par son incarnation,
exhalé par la divinité sans le joug du péché.

 Ainsi ses vêtements furent lavés d’une peine infinie.

 Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.

 Juste avant le concert de Musique aux 4 horizons à la chapelle de Ronchamp, le compositeur a pris le temps d’expliquer au public comment il avait travaillé.

Des clés d’écoute bienvenues pour apprécier cette création jouée pour la première fois lors de cette semaine de Musique aux 4 horizons. «Hildegarde de Bingen a écrit cette musique comme on calligraphie des enluminures. Elle étire la mélodie comme une corde. Ce sont les mots de ce poème qui donnent la musique. J’ai trituré, j’ai démonté pour mieux remonter. En langage musical, nous pouvons rentrer dans la cuisine du compositeur. Hildegarde de Bingen s’est amusée avec son thème.»  Benoit Menut, lui, a construit une partition en trois temps avec un thème omniprésent. Violons, altos, violoncelles, contrebasses, chaque instrument interprète un élément du thème. Une forme de superposition comme un jeu de construction.

Et pour atteindre cette éternité évoquée par Hildegarde de Bingen, il faut bien vieillir et mourir, monter dans une barque vers l’au-delà. La partie centrale de sa création, elle, est directement inspirée du poème Les Marins de Xavier Grall :

Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux
Leurs mains crevassées par les chasses marines
Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues
Portent les songes des frêles brigantines
Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d’Irlande
Retraités, usant les bancs au levant des chaumières
Leurs dents mâchonnant des refrains de
Marie-Galante
Ils lorgnent l’horizon blanc des provendes hauturières
Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs
Leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs
Des voiliers brisés dans les goémons rageurs
Et luisent leurs regards comme des louis
Les vieux de chez moi n’attendent rien de la vie
Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse
Mangé la cotriade et siroté l’eau-de-vie
La mort peut les prendre, noire comme la pinasse
Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué Observant le port, le jardin, l’hortensia
Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria
«
Adieu les belles, c’est le branle-bas »
Et les femmes des marins fermeront leurs volets.

Et c’est ainsi que Benoit Menut a fait jaillir les notes de sa création pour Musique aux 4 horizons. Lors des répétitions avec les musiciens de M4H à l’oratoire des clarisses, des visiteurs de la colline se sont assis quelques instants. Ils ont découvert sur le vif comment «une intuition devient réalité».

Alessio Pianelli : violoncelliste virtuose et compositeur exigeant

Le violoncelliste sicilien est devenu l’un des piliers de Musique aux 4 horizons. Pour sa troisième participation, Alessio Pianelli a pu faire vibrer deux cordes à son arc : l’interprétation et la création. A l’occasion de cette (e édition, le musicien avait reçu une commande de Musique aux 4 horizons pour une création pour violoncelle et contrebasse. Une pièce écrite pour la contrebassiste Lorraine Campet et lui-même. Mais Lorraine Campet a dû annuler, pour raison de santé, sa participation à cette édition de M4H. Cette création devait être jouée dans l’oratoire des clarisses en final du parcours musical et poétique. Mais Alessio Pianelli  a plus d’une création à son répertoire ! Il a finalement choisi d’interpréter une pièce écrite en 2015 intitulée “Da BACo a FaRFalLa”. Du cocon au papillon, les cinq vies du vers à soie.

Dans sa pièce, Alessio Pianelli dessine le Baco, le ver à soie, avec une simple ligne mélodique de trois notes Si bémol-La-Do soit en anglais B_A_C, d’où le jeu de mot avec Baco. A chaque mutation, cette mélodie devient de plus en plus forte et profonde. Ces cinq vies sont décrites par cinq improvisations, construites elles-mêmes selon différentes techniques : le jeu près du chevalet, la frappe avec le bois de l’archet sur les cordes et l’utilisation d’harmoniques. Après le 5eme palier, le ver à soie est devenu un papillon. Une métamorphose symbolisée par les notes Fa-Re-Fa-La, jouées alternées en double près du chevalet pour décrire le premier battement d’ailes. En italien, papillon se dit farfalla. Ainsi commence le vol du papillon, aussi bref que sa vie.

La pièce s’achève comme elle a commencé : avec l’archet sur le chevalet pour se souvenir de la respiration du papillon, le dernier souffle de sa vie si éphémère.

Rencontre inédite d’une cithare et d’un théorbe

De l’imprévu surgit parfois des pépites. Initialement, soeur Brigitte, abbesse des clarisses de Ronchamp, devait comme chaque année donner une conférence sur le thème choisi par Musique aux 4 horizons : le chemin du détour. Mais, soeur Brigitte est tombée brusquement malade en milieu de semaine. Que proposer aux visiteurs qui avaient prévu de venir tout spécialement écouter cette conférence samedi après-midi?

Et voilà comment a surgi l’idée de cette rencontre musicale inédite entre soeur Marie-Claire-Denis et le théorbiste Bruno Helstroffer. Curieux, le musicien avait remarqué à l’accueil du monastère, le CD édité par soeur Marie-Claire-Denis. La jeune religieuse joue de la cithare lors des offices religieux. Il a demandé si il était possible de la rencontrer pour discuter musique. Ils jouent tous les deux sur des instruments à cordes peu fréquents ! Finalement, la conversation s’est prolongée en dialogue musical sur la scène montée dans la chapelle Notre Dame-du-haut. Un moment de méditation et d’improvisation symbole de ce que l’on peut vivre sur la colline de Ronchamp.

Et la musique surgit sur la colline de Ronchamp

Le festival Musique aux 4 Horizons enchante la colline de Ronchamp en Haute-Saône ! Les visiteurs peuvent assister aux répétitions des jeunes artistes accompagnés par la violoniste Marianne Piketty. Voici le témoignage d’Iris Guemy, violoncelliste, et de Marina Capstick, alto, qui participent pour la première fois à M4H :

Les visiteurs de la chapelle signée Le Corbusier et du monastère dessinée par Renzo Piano viennent des quatre coins du monde. Ils ne s’attendent pas à une telle aubaine ! Musique, architecture et spiritualité rythment la vie de la colline tout au long de cette première semaine d’août. Certains décident de revenir le soir aux concerts ou au parcours musical et poétique. Quant aux Haut-Saonois, quelques-uns viennent tout spécialement sur la colline suivre ces répétitions. Une sacrée clé d’écoute avant d’assister aux concerts. Cette année, Marianne Piketty, la directrice artistique de M4H, a demandé à Bruno Helstroffer, Benoit Menut et Alessio Pianelli de composer pour cette 5e édition. Présents sur la colline, c’est passionnant de les écouter travailler avec les musiciens !

Les musiciens de Musique aux 4 horizons à la maison de retraite de Ronchamp

C’est un rituel. A chaque édition de Musique aux 4 horizons, les jeunes artistes prennent le temps d’aller jouer des solos ou des duos à la maison de retraite de Ronchamp.

Les musiciens de M4H à la messe dominicale de la chapelle de Ronchamp

Venir vivre pendant une semaine au monastère des clarisses n’implique aucune pratique religieuse. Pas de prosélytisme de la part des religieuses ! Elles souhaitent juste accueillir ces jeunes musiciens et favoriser ainsi la transmission souhaitée par les fondateurs de Musique aux 4 horizons, Marie-Christine et Paul Vincent, ainsi que la directrice artistique Marianne Piketty. La joie de vivre et la sérénité  des clarisses sont tellement contagieuses que l’ensemble des musiciens a accepté la proposition de participer à l’animation de la messe dominicale. Pas de solo, pas de virtuosité mais un moment simple et intense partagé avec les soeurs, l’assistance et frère Patrice.

2017 : Deux concerts et quatre lieux !

Cette année, Musique aux 4 horizons a proposé deux concerts dans quatre lieux différents.

Celui donné à l’oratoire des clarisses étant limité à une quarantaine de places, il a pu être redonné au Prieuré de Marast, réputé pour son excellente acoustique et son public mélomane.

Au programme :

Locatelli, Concerto grosso Op.1n°11 en do mineur

Helstroffer,I Quattro Venti, création-commande de Musique aux 4 horizons

Bruch, Octuor Opus Posthume

Stravinsky, Concerto pour cordes en ré

Le second concert a été donné à la fois à la chapelle de Ronchamp et à la cathédrale de Besançon. Deux lieux à l’acoustique bien différentes.

Au programme :

Locatelli, Concerto grosso Op.7 n°5 en sol mineur

Menut, O Vis æternitatis (O Puissance de l’éternité), création-commande de Musique aux 4 horizons

Tchaikovsky, Sextuor en ré mineur « Souvenir de Florence », Op. 70

Piazzolla, Libertango

Les compositeurs M4H 2017

Le festival musique aux 4 Horizons enchante la colline de Ronchamp en Haute-Saône ! Toute la semaine, les visiteurs ont assisté aux répétitions des jeunes artistes accompagnés par la violoniste Marianne Piketty. Cette année, la directrice artistique du festival a demandé à Bruno HelstrofferBenoit Menut  et Alessio Pianelli de composer des créations pour le festival. Présents sur la colline, c’est passionnant de les écouter travailler avec les musiciens !

Voici les photos prises lors des répétitions de O Vis æternitatis (O Puissance de l’éternité), la création de Benoit Menut, commande de Musique aux 4 horizons.  

Le théorbiste Bruno Helstroffer a lui créé pour le festival une oeuvre pour cordes et Théorbe : I Quattro Venti, interprétée pour la première fois lors du concert à l’oratoire du monastère Sainte-Claire

Premières répétitions 2017

Deux musiciens  n’ont pas pu venir à Ronchamp. A la dernière minute, Aurélie Martin (contrebasse) et Valentin Chiapello (alto) ont bien voulu monter sur la colline pour l’été 2017. Après une visite de la chapelle et du monastère, Marianne Piketty, en forme après un mois passé au festival d’Avignon avec la création VIVALDI PIAZZOLLA • Saisons : d’un rivage à l’autre, a commencé les répétitions.

Visite de la chapelle par les musiciens d’M4H.
Marija Stapcane
Aurélie Martin
Marina Capstick
Iris Guemy et Alessio Pianelli
Suzanne Durand-Rivière
Valentin Chiapello
Hélène Marechaux
Mais qui est ce musicien ?

Edito 2017- Au détour du chemin

Les détours sont pleins de surprises ! Plus que jamais, cette 5eme édition de Musique aux 4 Horizons va vous transporter dans des univers musicaux exaltants. Au delà des siècles et des héritages, Max Bruch, Pietro Locatelli, Igor Stravinski partagent une même virtuosité pour les cordes et en particulier pour le violon. Au lendemain de la première guerre mondiale, Max Bruch compose son Octuor à cordes, il est à la fin de sa vie. Le compositeur fera écrire sur sa pierre tombale «La musique est la langue de Dieu».
Ce dépassement de soi, cette recherche perpétuelle de perfection sont partagés par les compositeurs et leurs interprètes. Les artistes savent faire des détours pour puiser de nouvelles sources d’inspiration. Loin de sa Russie natale, Piotr Tchaikovski compose sur place en Italie un «souvenir de Florence» emprunt d’une joie inhabituelle pour ce compositeur si nostalgique. Un océan le séparait aussi de sa terre d’origine, lorsque Igor Stravinsky a composé, tout en subtilité, son concerto pour cordes en ré.
La colline de Ronchamp mérite le détour. Et si Musique aux 4 Horizons a commandé cette année trois créations à Benoit Menut, Bruno Helstroffer et Alessio Pianelli, c’est justement pour que la paix et la spiritualité qui émanent de ce lieu unique, nourrissent leurs œuvres.

Faire un détour, c’est aussi emprunter un chemin inédit. Comme l’année dernière, le parcours musical et poétique a été imaginé à partir des poèmes de sœur Marie-Claire. Cette fois-ci, ces pépites poétiques nous guident à travers les espaces de travail et de prière du monastère pour tenter de saisir le quotidien de ces femmes hors du commun.

«La ligne droite n’est pas toujours le plus court chemin pour nous enrichir» nous expliquera lors de la sa conférence Sœur Brigitte de Singly, abbesse des clarisses. Avec l’architecte Jean-Jacques Virot, ils mettront en résonance Musique, Spiritualité et Architecture.
Enfin, Musique aux 4 horizons fera deux petits détours en Franche-Comté pour vous proposer des concerts à la Cathédrale de Besançon et au Prieuré de Marast.

Toute la  fougue, le talent, l’exigence des jeunes solistes qui m’accompagnent sont mobilisés pour vous faire vivre une folle semaine sur la colline de Ronchamp.

Marianne Piketty

Maâ- la vidéo

Pour cette 4ème édition, Musique aux 4 Horizons a commandé un concerto pour violon et contrebasse à Benjamin Attahir, l’un des plus brillants compositeurs français de sa génération, lauréat de nombreux concours internationaux. Ce concerto, dédié à la violoniste Marianne Piketty et à la contrebassiste Lorraine Campet, a été l’un des temps fort de l’été 2016.

Né en 1989, Benjamin Attahir est un musicien protéiforme : compositeur, violoniste et chef d’orchestre. De 2009 à 2013, il étudie au Conservatoire de Paris tout en bénéficiant des conseils de P. Boulez.
Il est lauréat de nombreux concours et distinctions : Bloomington, SACEM, UNESCO, Académie des Beaux-Arts.  Sa musique est jouée en Europe, aux USA et en Asie par des orchestres et ensembles prestigieux. Il collabore avec des artistes de renommée internationale : D. Barenboim, T. Sokhiev, H.S. Kang, C. Delangle, G. Laurenceau, ainsi que des troupes telles que la Comédie Française, le Théâtre Liyuan-Quanzhou. Il est régulièrement l’invité de festivals (Lucerne, Utrecht, Aix en Provence…).
Auteur de deux opéras dont il dirige les premières en 2012 et 2015, le domaine scénique est la colonne vertébrale de son écriture musicale puisant son inspiration à mi-chemin entre Orient et Occident.
Benjamin Attahir est pensionnaire à la Villa Médicis pour l’année 2016-2017. Ses œuvres sont éditées aux éditions Durand-Salabert (Universal Music Publishing)

Maâ, la création de haut vol de Benjamin Attahir pour Musique aux 4 horizons

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Son nom sonne comme une étoile. Sa musique est aussi précise que solaire. Le compositeur Benjamin Attahir a écrit un concerto pour violon et contrebasse d’une grande qualité. Comme l’an dernier, le festival Musique aux 4 Horizons a passé commande à un compositeur. Benjamin Attahir a comblé toutes les attentes des musiciens, de Marianne Piketty et des spectateurs. Les jeunes interprètes viennent sur la colline pour se lancer des défis tout en progressant auprès de la violoniste pédagogue. La partition écrite par Benjamin Attahir est particulièrement originale et complexe à interpréter. C’est la première fois qu’un compositeur écrit pour ces deux instruments qu’apparemment tout oppose : le violon et la contrebasse. D’autres compositeurs les ont déjà réunis mais sous le signe de l’humour. Benjamin Attahir, lui, nous emmène sur des chemins escarpés pour accéder au monde profond. Continuer la lecture

Nouveauté 2016 : Le Parcours poétique et musical de Musique aux 4 Horizons

Un des piliers de Musique aux 4 Horizons est le respect de la spiritualité de la colline Notre-Dame du Haut. Le parcours poétique et musical de l’édition 2016 a été imaginé à partir des poèmes de sœur Marie-Claire. De 2006 à 2014, cette sœur clarisse a raconté l’épopée de sa communauté.

Les religieuses ont quitté leur havre de paix de Besançon pour créer une fraternité internationale au pied de la chapelle Notre-Dame du Haut de Le Corbusier. Un risque pour la vie.
L’attente, la confiance, l’inquiétude, la colère, la joie … Les Clarisses ont vécu toutes ces émotions au fil des ans.

C’est ce quotidien qui a été mis en poèmes. Ces pépites, interprétées par Pascal Froment, nous ouvrent les portes du monde intérieur d’une clarisse.
Tout au long de ce parcours sur la colline, les jeunes interprètes de Musique aux 4 Horizons offrent aux visiteurs d’intenses moments de sérénité et de joie à l’image de ce « lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure » voulu par Le Corbusier.

 

Poème de Soeur Marie-Claire

Nous croyons sans savoir ni comprendre
la page qui s’écrit de notre histoire sainte.
Nous croyons
que l’utopie est créatrice,
que le rêve engendre la réalité.
Nous croyons
qu’en tes mains, Jésus,
cinq pains d’orge et deux poissons nourrissent des milliers.
Nous croyons
en cette dialectique éprouvante :
attachement, détachement qui nous rend souples à ton dessein.
Nous croyons,
quand on a touché le fond,
que ton silence engendre la paix profonde.
Nous croyons en Toi,
DIEU qui es, qui était et qui viens.

Extrait de Nous croyons. 29 janvier 2006

 

Vivre à l’abri du pèlerin, c’est connaître à nouveau l’enchantement du monde :
Les larges tapis verts aux pentes douces,
le soleil levant jailli de l’horizon
et baignant peu à peu de sa lumière
la colline toute entière, le village endormi.
La chapelle s’illumine
à l’extérieur en sa blancheur
à l’intérieur en rais lumineux
et Marie se révèle, éblouissante,
femme vêtue de soleil, accueillante à tous ses enfants.
Silence et beauté se donnent la main
dans la douceur automnale.
Les arbres majestueux et dorés
participent à la symphonie du paysage immense.

Extrait de Vivre à l’abri du pèlerin.

 

Nous avons fait le pas, le pas décisif
qui amorce la suite…
Nous l’avons fait sans d’autre garantie
que celle d’une parole que nous croyons crédible,
une parole, semble-t-il,
perçant les brumes de l’avenir.
Par la foi nous osons commencer les travaux :
Terrassement de la colline qui prête ses flancs
à la nouvelle création.
Banques, finance, économie sont ballottées par la tempête
qui met en crise la planète.
Tout homme est mis à nu dans ses ressorts profonds :
Soif de domination ?
Avoir et possession ?
Volonté de servir ?
Mise en priorité de l’être ou du paraître ?
Nul n’échappe au scalpel !
Mais pour nous, pas question de baisser les bras :
Il faut tenir la barre
et aller, malgré tout, de l’avant.

Extrait de Nous avons fait le pas. 2-4 octobre 2008

 

Entrer dans le mystère, dans la pénombre
qui reçoit la lumière d’en-haut…
Entrer dans la nudité du tombeau
pour y célébrer la Pâque, l’humble victoire du Ressuscité.
Comme les femmes dans le silence
ont entendu prononcer leur nom au matin de Pâques,
comme la voix dans cet espace
s’amplifie, se dilate et fait résonner la Parole de vie,
nous pouvons être seules :
nous sommes multitude, car ce lieu d’intériorité
à nul autre pareil est porteur de présences,
est habité de la Présence.
Y célébrer l’eucharistie au soleil levant,
chanter la louange au soleil couchant
fait oublier le froid, fait tomber les barrières,
détendre l’être tout entier qui n’a plus qu’à être là,
doucement, fortement, intensément.

C’est ainsi que nous devenons pierres vivantes
dans l’invisible de l’Esprit,
bien avant que n’apparaissent
les murs de notre future demeure
depuis si longtemps attendue.
Dieu se souvient, se souviendra
de notre acte de foi qui épouse secrètement
son désir d’Alliance dont le signe est son arc-en-ciel.
La brume peut tout embuer, la pluie peut tout détremper,
il peut y avoir encore trop de bâtons dans les roues :
La vigie regarde loin…
L’architecte reprend la main…
Peut-être enfin verrons-nous la fin du tunnel !
Marie veille dans sa grotte
et nous enfante longuement.

Extrait de Entrer dans le mystère. 11 novembre 2009.

 

Notre marche en carême ne nous épargne pas.
Partout le peuple souffre :
Tremblements de terre, tempête, inondations,
fermetures d’usines, espoirs en ruine..
Si les hommes, ici, travaillent
dans l’espérance, sur le chantier,
si la grue s’active sous nos yeux,
les décideurs financiers, les conseillers économiques,
si loin de notre réel, doutent encore de notre avenir.
Ils se laissent tellement noyer dans de sombres fantasmes
qu’ils ne perçoivent plus les éclats de lumière
qui pourtant ne manquent pas !
Tous ces revirements, telles girouettes au vent,
tous ces blocages incohérents, ces conflits stériles
sont à la longue épuisants.
Il faut s’accrocher dur, dans la foi nue
au Dieu vivant, sachant que Lui du moins
ne trahit jamais sa Parole,ne laisse tomber à terre
aucun de ses moineaux,
sachant qu’Il veut toujours susciter des relèvements,
de nouvelles solidarités entre les humains.

Extrait de Ciel d’orages. 5-15 mars 2010

 

Un ciel noir constellé d’étoiles
si proches, si brillantes !
Un ciel comme on ne l’avait jamais vu auparavant.
Ciel d’Abraham et ciel de Claire,
ciel de Ronchamp tout simplement
offert à profusion dans le silence de la nuit
Ciel offert en harmonie avec la ville au loin,
ses lumières qui s’étirent et scintillent, elles aussi.
Ce ciel vaut bien à lui seul tous les cadeaux de la terre !
La lune apparaîtra demain pour compléter ce tableau
que l’on contemple, émerveillées.
Demain pourra apporter son lot de soucis,
rien ne peut faire oublier ce voyage dans l’espace
aux dimensions abyssales.
Nous sommes bien poussière, mais poussière d’étoiles.
Tout est nu, dépouillé, en ce carême hivernal,
mais la sève circule et pousse des bourgeons
encore minuscules qui suffisent pourtant
à faire lever la tête,à redonner coeur, à redonner joie
dans le dédale des labyrinthes où nous cheminons,
un pas après l’autre, dépossédés mais confiants
dans le grand amour du Père qui prend soin de ses enfants.
Qui sont Le Corbusier et Renzo Piano
au sein de cette immensité ?
Deux hommes qui ont perçu une part infime
des harmoniques de l’univers
et qui, de tout leur talent, ont joué leur partition
d’architectes audacieux, épurés.
Bienheureuses sommes-nous
de vivre en leur sillage, leur sillage de beauté.

Extrait de Poussière d’étoiles. 29 février 2012.

Les conférences en musique : une originalité de Musique aux 4 Horizons

5Les conférences en musique sont l’une des spécificités du Festival Musique aux 4 Horizons. La transmission pédagogique est au coeur de notre projet. Autre pilier fondateur : le respect de la spiritualité de la colline de Ronchamp. Musique aux 4 horizons doit son nom en référence aux horizons décrits par Le Corbusier dans son projet pour la colline. Nous souhaitons offrir aux visiteurs de la colline et aux festivaliers des horizons à défricher : des oeuvres contemporaines  mais aussi des idées, celles déployées lors des conférences de l’architecte Jean-Jacques Virot et de soeur Brigitte, abbesse des clarisses de Ronchamp.

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Les concerts à la Chapelle Notre-Dame du Haut

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La chapelle en musique

Venir écouter un concert dans la chapelle dessinée par Le Corbusier, c’est toujours un événement. Architecture et musique s’allient pour le meilleur.  Nouveauté cette année, les festivaliers ont pu assister aux deux concerts dans la Chapelle Notre-Dame du Haut grâce au forfait Duo.  Certains d’entre eux sont même venus dès le début de l’après-midi pour écouter les conférences de l’architecte Jean-Jacques Virot et de soeur Brigitte, abbesse des clarisses de Ronchamp.

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Un poème, souvenir de l’édition 2016 de Musique aux 4 horizons

musiqueC’est un petit rouleau de papier jaune tenu par un ruban bleu. Apparemment trois fois rien et pourtant, une fois déplié et lu, c’est comme un petit trésor. Les clarisses ont offert à chaque musicien un poème. Ceux qui ont gravi la colline lors du parcours musical et poétique ont apprécié le talent littéraire de soeur Marie-Claire. La clarisse écrit des poèmes sur le quotidien de sa communauté. Des pépites !

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